Réagir fort !
Article mis en ligne le 6 octobre 2009
Imprimer logo imprimer

La rentrée a commencé par un acte fort, la condamnation le 1er septembre à des peines de prison avec sursis de salariés de Continental, qui venaient de mener une lutte exemplaire et déterminée.
Que l’on se rassure, les patrons qui les ont virés après avoir empoché des aides de l’Etat pendant des années, n’ont pas été poursuivis par la justice !

Quelques jours après, on apprenait que les banques avaient provisionné des milliards d’euros pour verser des bonus à leurs traders afin de les récompenser de leurs opérations spéculatives. Les banques, qui ont été sauvées par de l’argent public, c’est-à-dire le nôtre, vont donc bien. La Bourse aussi d’ailleurs et les 10 % des ménages les plus aisés qui détiennent la moitié du patrimoine total des Français n’ont donc pas de souci à se faire.
Par contre les 400 000 personnes qui ont été licenciées depuis le début de l’année ont raison de s’en faire car malgré les beaux discours, la crise n’est pas finie pour elles et les suppressions d’emplois vont continuer. Les attaques du gouvernement aussi.
L’été a été propice aux mauvais coups, comme la modification de la législation sur le travail du dimanche. La rentrée en annonce d’autres comme le projet de changement de statut de La Poste, première étape de sa privatisation, l’annonce d’une augmentation du forfait hospitalier et le déremboursement de médicaments, les attaques contre les retraites, sans compter les 34000 suppressions d’emplois dans la Fonction publique.et les plans de licenciements dans le privé.

En Charente on apprend que la SAFT qui a bénéficié d’aides publiques à grand renfort de médiatisation, ou Schneider, qui annonce des résultats financiers florissants, licencient des salariés. Et le Medef local en annonce d’autres !...

La question est de savoir si tout cela va encore continuer longtemps ou si nous allons être capables d’y mettre un coup d’arrêt et d’imposer un changement de politique. De ce point de vue, l’unité syndicale qui s’est réalisée le semestre dernier aurait pu être un atout considérable.
Cependant, les décisions prises après la grande journée du 19 mars, qui avait vu plus de trois millions de personnes dans la rue, n’ont pas été à la hauteur de la situation et n’ont pas permis d’engager le bras de fer nécessaire pour faire céder le gouvernement.
Il est de la responsabilité du mouvement syndical de faire des propositions d’actions qui permettent des mobilisations efficaces des salariés, de soutenir nationalement les luttes en cours et de les coordonner (Continental, New-Fabris, Good-Year, Ford, Freescale...).

DÉBATTRE SANS TABOU NI DOGMATISME
Parce que nous ne nous résignons pas à cette absence de stratégie de l’intersyndicale nationale, qui mène tout droit à la résignation et à la défaite, nous souhaitons relancer ce débat, sans tabou, et sans dogmatisme. En ce qui nous concerne, nous ne prétendons pas avoir de solution miracle, mais nous pensons que le débat doit avoir lieu.

DES CONDITIONS POUR UNE LUTTE VICTORIEUSE...
La volonté de se battre est également largement partagée, comme le prouvent les mobilisations récentes, avec des taux de grève parfois historiques de janvier et mars dernier, la participation massive aux manifestations, les initiatives multiples de sensibilisation et d’alerte comme la votation citoyenne pour La Poste qui a connu un véritable succès.
Tout ce qui construit la lutte est bon à prendre. Mais pour ne pas s’illusionner, il convient de distinguer les actions qui participent à la construction d’une mobilisation de celles qui peuvent permettre d’imposer des victoires sociales.

LA GRÈVE UNE ARME INCONTOURNABLE DES LUTTES DES SALARIÉS
Le scepticisme quant à l’efficacité de la grève gagne du terrain. Chacun-e se rend bien compte que les journées isolées de grève et de manifestation sont inefficaces si elles ne débouchent pas sur la construction d’un vrai rapport de force.
Les grèves d’une journée, secteur professionnel par secteur professionnel (éducation, santé, Poste, transports, etc.) qui peuvent avoir leur utilité à un moment donné, ne peuvent être prises que comme des éléments qui permettent de lancer une mobilisation, et non comme une stratégie de victoire. La seule grève qui pèse vraiment, c’est la grève qui bloque, c’est la grève qui entrave le fonctionnement économique et/ou institutionnel.

IL FAUT CONSTRUIRE LA GRÈVE GÉNÉRALE RECONDUCTIBLE
Il n’y aura véritablement de retournement majeur du rapport de force en faveur des salarié-e-s que par une grève générale reconductible, qui s’attaque aux profits du patronat et des actionnaires et au fonctionnement des institutions. Aucun gouvernement ne peut résister longtemps à une grève générale : elle est l’arme principale des salarié-e-s.
Mais une grève générale reconductible ne se déclenche pas d’un coup, ni au même rythme dans tous les secteurs professionnels. Si aucun secteur ne part dans un mouvement radical, il n’y a pas de grève générale.

Il est urgent de constituer un front unitaire sur des objectifs clairs, et de ne pas se contenter de mobilisations ponctuelles sur des objectifs généraux. Aujourd’hui il est possible de fédérer les luttes sur une plate-forme revendicative incluant -entre autres- la suppression du forfait hospitalier, le refus de toute privatisation et des suppressions de postes dans le secteur public, l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices...
Nous mettons en débat cette proposition.

Angoulême, le 5 octobre 2009

Union syndicale regroupant le SNUI et les syndicats SUD- 75 bis av De Lattre de Tassigny, Daras B, 16000 Angoulême.
Tel : 05/45/93/15/42 courriel : .solidaires16@wanadoo.fr

Évènements à venir

Pas d'évènements à venir

Dans la même rubrique



puce Plan du site puce Contact puce Espace rédacteurs puce squelette puce

RSS Valid XHTML 1.0 Strict

2006-2019 © SUD EDUCATION 16 - Charente - Tous droits réservés
Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.77.12
Hébergeur : Ouvaton.Coop