La COP21, le plus grand événement international jamais organisé sur le sol français...
Article mis en ligne le 12 novembre 2015
dernière modification le 28 novembre 2015
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Le 1er Sommet Climat en 1988 alerte sur les évolutions du climat et crée le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat). Il est suivi par le sommet de la Terre à Rio en 1992, point de départ des négociations internationales avec la création de la Convention-cadre des Nations unies sur le Changements Climatiques (CCNUCC). Dès 1995, une conférence des parties, COP, où siègent les 195 pays (les parties) inscrits à l’ONU, se tient chaque année en décembre. La COP21, à Paris-Le Bourget du 30 novembre au 11 décembre, est présentée comme l’occasion pour les États membres de trouver des accords et de décider des mesures à mettre en place dans le but de limiter le réchauffement climatique à seulement 2° d’ici 2100.

L’augmentation de la température moyenne de la surface de la Terre est due quasi-totalement aux émissions de gaz à effet de serre (GES), dont le plus abondant, le dioxyde de carbone (72 % du total), provient de la combustion des combustibles fossiles (charbons, pétrole...) couvrant 80% des besoins énergétiques de la planète. Il est généralement admis qu’en absence d’une réduction forte des émissions de GES, le réchauffement entraînera avec la fonte des glaces, une hausse du niveau des océans, la multiplication des évènements météorologiques extrêmes, une baisse de la productivité agricole, une diminution de l’eau potable disponible, un déclin accentué de la biodiversité et aura des conséquences sanitaires sur l’ensemble de la population.

Derrière les belles intentions affichées par ces représentants apparemment inquiets du devenir de la planète, différents sociétés ont répondu à l’appel de Laurent Fabius pour soutenir financièrement cet « événement ». C’est ainsi que l’ONG Oxfam avec les Amis de la Terre dénoncent que « la COP21 sera financée par des champions français de la pollution » tel que BNP Paribas ou EDF – Engie, et les accusent de se livrer à « une véritable opération de greenwashing avec la complicité du gouvernement français ». Mais y en a d’autres ! Air France, Galeries Lafayette, Ikea, JCDecaux, LVMH, Michelin, La Poste, Renault Nissan...

Mais ces champions français de la pollution sont eux plus intéressés dans la production du bénéfice que dans la santé climatique. Faudra pas s’étonner que le Gouvernement et EDF – Engia comptent profiter de l’occasion pour vendre le nucléaire (EDF se vante de produire "98% d’électricité sans CO2" rebaptisé « énergie bas carbone ») comme solution au changement climatique.

La recherche de profits à travers l’accaparement du plus-valeur est le moteur du système capitaliste. De par la mise en concurrence de ce « retour sur investissement » sur un marche quelconque les capitalistes vont se battre pour acheter des parts là où le meilleur rendement est obtenu. Peu importe si on a recours aux paradis fiscaux, peu importent les conditions de vie et de travail de travailleurs (et de consommateurs d’ailleurs), peu importe si le profit vient de la spéculation sur les variations des prix de l’argent, du pétrole ou du riz ! Alors, on voudrai changer le capitalisme, le transformer dans un capitalisme vertueux, un capitalisme vert avec une croissance verte. Ne soyons pas dupe, toute moralisation de ce système, toute contrôle imposé par les Etats (ou autres collectivités territoriales) ne pourront avoir comme conséquence deux choses : une augmentation du coût de production des biens et, en conséquence, moins performants du point de vu du retour sur investissement ce qui obligera les capitalistes à chercher leurs bénéfices sur d’autres marchés plus rentables et donc forcement moins morales ou moins contrôles par les États ! ; et la répercussion de l’augmentation du coût de production sur le prix des produits qui rendra plus difficile l’accès à ces produits pour une part de populations.

Les seuls termes dans lesquels l’économie (néo)libérale et mondialisé est capable de proposer une solution, c’est en attribuant un prix à la nature (air, eau, ...) et aux services écosystèmiques (ou services écologiques, comme la pollinisation...). C’est-à-dire que si ce système est déjà aveugle à toute autre chose que ne soit pas la rémunération du capital, écartant dès lors tout contrainte écologique mais aussi sociale, de plus la solution qu’on nous propose est la création de nouveaux marchés auparavant fermés à la monétisation et à la finance. Le marché de carbone représente un exemple parmi d’autres banques de la biodiversité... Nous sommes déjà dans une fuite à l’avance. La préoccupation écologique et le souci de la gestion des ressources se heurtent à la nature intrinsèque du capitalisme et de l’étendu de son emprise : la croissance.

Force est de constater que les enjeux écologiques rejoignent finalement les enjeux sociaux d’égalité d’accès aux ressources et de préservation des milieux de vie à l’échelle du monde. Face à la logique marchande capitaliste, il est nécessaire de multiplier les luttes écologistes, sociales, syndicales, pour limiter autant que possible l’expansion capitaliste.

Face à ce constat, comment les gouvernements, la classe dirigeante, les multinationales et le grand patronat peuvent-ils résoudre cette crise du réchauffement climatique, alors qu’ils défendent leurs intérêts économiques à cours terme ? Pouvons-nous attendre quelque chose de la COP21 ? Pouvons-nous compter avec d’autres forces que celle que nous construisons dans la lutte ?

Aujourd’hui les grands choix technologiques, de développement, d’investissement, etc. Se font en fonction des intérêts financiers alors qu’ils devraient être prise en collectif pour le bien collectif ! Il est urgent d’entamer une réorganisation de la production visant à satisfaire les besoins et non pas à engranger les profits. La réflexion de ce que nous devons produire et comment devons le produire doit appartenir au corps social (travailleurs-producteurs et consommateurs) auto-organisé et non pas au capitalistes. Nous devons réfléchir à la conception de produits durables et au cycle de vie de ces produits : la réparation, la réutilisation et finalement le recyclage doivent être pris en compte lors de sa conception. Cette production doit être localisée, en utilisant de préférence de ressources renouvelables et locales autant que possible, de façon à permettre l’autonomie productive de chaque région de la planète. Nous devons abolir toutes les inégalités et satisfaire les besoins de toutes et tous dans toute la planète.

Prenons garde ! le système capitaliste peu tolérer certains modes de production et de consommation alternatifs, et même les récupérer afin de créer des profits. Ces modes alternatifs, individuels ou collectifs sont salutaires, mais ne suffiront pas à supprimer le capitalisme. Il est nécessaire d’articuler les luttes écologistes et les expériences alternatives à un projet anticapitaliste global, afin de reconstruire la société sur des bases nouvelles.

L’union syndicale Solidaires appelle à la mobilisation pour lutter contre la crise sociale et environnementale et exiger un autre modèle de société. La COP21 doit être un moment privilégié d’apparition et de rencontre des luttes et des résistances, contre un spectacle de notables planétaires, de multinationales et de lobbyistes. Pour l’union syndicale Solidaires il s’agit de rompre avec la logique productiviste et satisfaire les besoins sociaux tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle mondiale.
C’est un système social et économique juste qu’il faut construire en respectant la finitude de la terre et la fragilité des écosystèmes.

P.S. :

Bibliographie

- OCL-Caen, Climat : le capitalisme nous enfume, Courant Alternatif N°253, Octobre 2015
- Martine Valo, Laurent Fabius fait appel aux entreprises pour financer la COP 21, Journal Le Monde, 27 mai 2015. http://www.lemonde.fr/climat/article/2015/05/27/climat-des-ong-denoncent-le-financement-de-la-cop21-par-des-champions-de-la-pollution_4641937_1652612.html
- Scylla (OCL-Lyon), Le réchauffement climatique : une aubaine pour les promoteurs du nucléaire, Courant Alternatif, Octobre 2015
- Union syndicale Solidaires, Mobilisons-nous pour le climat et la justice sociale.
- Un système en pleine fuite en avant, Argumentaire 12, Alternative Libertaire, Novembre 2015

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